Y a-t-il des avancées du féminisme ?

Article extrait de l’ouvrage : « Un universalisme si particulier. Féminisme et exception française (1980-2010), Editions Syllepse, Paris 2010, 348 pages. »

Pour obtenir une réponse courte à une demande de bilan, il est sans doute utile de guider la parole des personnes en posant des pôles comme les termes d’« avancée » et de « défaite ». Dans le même temps, ces termes qui justement polarisent sont plutôt contraires à l’esprit d’un bilan, qui implique une recherche d’exhaustivité et suppose d’évaluer, sur beaucoup de thèmes, des évolutions qui ne se laissent pas facilement appréhender comme des victoires totales ou comme des désastres intégraux.

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Retrouver l’élan du féminisme

Article extrait de l’ouvrage : « Un universalisme si particulier. Féminisme et exception française (1980-2010), Editions Syllepse, Paris 2010, 348 pages. »

On parle souvent des acquis du mouvement féministe. Mais aucun acquis social, y compris quand il est inscrit dans la loi, n’est gravé dans le marbre ; l’histoire contemporaine le démontre à l’envi. Les acquis féministes sont particulièrement fragiles. Ils sont en butte à plusieurs types d’obstacles : les attaques des lobbies « masculinistes » dans certains secteurs, le baquelache idéologique, la mauvaise volonté politique de l’ensemble de la société, tant civile que politique ; et finalement le matraquage du mythe de « l’égalité-déjà-là », appuyé en France sur une idéologie qui a pris la notion de république en otage. Avancer en dépit des résistances et des attaques, c’est l’un des enjeux du mouvement féministe.

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La religion, une affaire privée ? Réfutation d’une idée reçue

Article extrait de l’ouvrage : « Un universalisme si particulier. Féminisme et exception française (1980-2010), Editions Syllepse, Paris 2010, 348 pages. »

S’il est un élément de la propagande des laïcards qui est rarement contesté, c’est l’idée que la religion appartient au « domaine privé ». Ce domaine privé n’est jamais défini : le terme de « privé » a en effet de nombreuses définitions, qui dépendent du contexte, y compris dans le Droit. Les laïcards sont des anti-musulmans qui cachent leur opposition à cette religion précise en se prétendant opposés à toutes les religions. Comme ils ne peuvent pas le faire très ouvertement, car la liberté religieuse est inscrite dans tous les textes nationaux et internationaux, ils jouent sur le terme « conscience ».

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QUE VEULENT VRAIMENT LES BLANCS ? Caste et classe en France

Texte de la conférence, prononcée à: « La France d’aujourd’hui en débat », Semaine anti-coloniale, le Samedi 20 février 2010, Salle Jean Dame, 17 rue Leopold Bellan, 75002 Paris.

La question que je pose ici, c’est celle des campagnes d’opinion et des loi ou propositions de loi anti-musulmanes en France ;  qui commencent apparemment en 89 avec la première affaire du foulard, mais en fait bien avant par une dénonciation permanente depuis au moins trente ans du danger que représente l’islam, en France en Europe et dans le monde, dénonciation bien documentée par Thomas Deltombe[i]. Où veulent en venir les autres, qui sont mes congénères : les non-musulmans, les « de souche », les Blancs bref, les vrais Français ?

Antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme

Article extrait de l’ouvrage : Classer, dominer. Qui sont les « autres » ? Éditions La Fabrique, Paris, 2007.

Ce dont il s’agit ici, ce n’est pas de considérer le « pour » et le « contre » de la loi, cela a déjà été fait, mais d’examiner les arguments « féministes » – évoquant les droits des femmes – qui, alors qu’ils étaient quasiment absents du débat en 1989, ont progressé jusqu’à constituer l’essentiel de l’argumentation pro-loi.

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Antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme (Deuxième partie)

Les arguments des féministes anti-voile et pro-loi

Article extrait de l’ouvrage : Classer, dominer. Qui sont les « autres » ? Éditions La Fabrique, Paris, 2007.

Les arguments des féministes pro-loi ont été ceux des politiciens. Ceux-ci avaient été formulés dès 1989 par Elisabeth Badinter, Régis Debray, Alain Finkielkraut, Elisabeth de Fontenay, Catherine Kintzler. Dix ans plus tard, ils sont repris et détaillés par un rebond dans le journal Libération, signé de Gaye Petek et Alain Seksig 1, qui allaient être nommés membres de la commission Stasi.

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  1. Le 12 novembre 1999
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Antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme (Troisième partie)

Les luttes antisexiste et antiraciste sont-elles compatibles ou contraires ?

Article extrait de l’ouvrage : Classer, dominer. Qui sont les « autres » ? Éditions La Fabrique, Paris, 2007.

Les réflexions qui précèdent m’amènent à une question qui a souvent été posée, et qui est peut-être la question que se posent beaucoup de ces féministes évoquées plus haut qui sont restées à la croisée des chemins, embarrassées, souvent muettes, partagées entre la conscience que la loi pouvait être qualifiée de raciste, et le souci du « sort des femmes des quartiers ». Ceci signifiait pour ces féministes de répondre à la question : Comment prendre en compte le racisme de la loi, sans pour autant passer la violence contre les femmes par pertes et profits ?

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Antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme (Quatrième partie)

Prendre en compte le racisme : condition nécessaire à la continuation de la lutte anti-patriarcale

Article extrait de l’ouvrage : Classer, dominer. Qui sont les « autres » ? Éditions La Fabrique, Paris, 2007.
 

L’une des mesures de la discrimination vis-à-vis d’un groupe, outre le paternalisme, est l’application constante du « deux poids-deux mesures », du double standard. On exige plus des individus du groupe stigmatisé – qu’il s’agisse des groupes racisés, des homosexuels, des femmes – que de ceux du groupe dominant. Ils/elles doivent « mériter » ce que les autres ont de droit, de naissance. L’injonction faite aux femmes racisées de quitter leur famille en est un exemple. Si on peut estimer ces exigences supérieures comme procédant du racisme, puisqu’elles s’adressent à certaines femmes et pas à d’autres, on peut aussi les voir comme sexistes, car elles ne sont pas adressées aux hommes, ni à ceux du groupe dominant, ni à ceux du groupe dominé.

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Intervention contre une loi d’exclusion

lntervention au Meeting « Une école pour toutes et pour tous », qui s’est tenu au Trianon, le 4 février 2004.

Le projet de loi contre le port de signes religieux, est de l’avis général, dirigé contre le seul  » voile « , qu’on appelle aussi foulard islamique.

La loi rendra plus facile d’expulser les filles portant le foulard des écoles. Ce projet de loi divise tous les groupes politiques, toutes les associations de la société civile, il divise aussi les féministes. Les partisans de la loi, dans chaque groupe, sont les plus nombreux. Les discussions, difficiles, montrent que les arguments rationnels ne tiennent pas une grande place dans leurs convictions. La vue du foulard leur est insupportable, ils et elles ne veulent même pas discuter avec les jeunes filles voilées. Comme l’a dit un membre de la commission Stasi, ils n’ont pas jugé utile d’auditionner les intéressées, parce qu’ils  » ne sont pas sensibles à leurs arguments «  ; si peu sensibles en fait qu’ils ne veulent même pas les entendre.

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Nos amis et nous (Première partie)

À propos des fondements cachés de quelques discours pseudo-féministes

Article extrait de l’ouvrage : L’ennemi principal, Economie politique du patriarcat, Paris, Syllepse, 2008.

Nous comptons de bons amis parmi les hommes. Nous les fuyons comme la peste, et eux tâchent de forcer notre intérêt : qui ne reconnaîtrait là la démarche même de l’amitié ? Y. Florenne, aux premiers rangs de ceux-ci, n’arrête pas d’être amical du haut de sa colonne du Monde. C. Alzon, du haut de sa tribune du même ou de sa chaire de Vincennes, se proclame « féministe ». Nous nous découvrons tous les jours de nouveaux « amis » : P. Lainé par exemple, découvert dans un numéro spécial que La Quinzaine Littéraire a « consacré aux femmes » en 1974 et qui nous a fait l’amitié d’écrire un livre sur nous, Samir Amin qui « salue le féminisme » dans la revue Minuit (janvier 1974).

 

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